Anomalies articulaires et/ou génétiques

Index


Attention : cette rubrique est informative et ne doit en aucun cas remplacer la visite chez un vétérinaire, en cas de doute contactez le vôtre IMMEDIATEMENT.


Cliquez simplement sur le lien qui vous intéresse. 



La dysplasie chez le chien

Le gêne du MDR1 (Multi-Drug Resistance)

La Myélopathie dégénérative



La dysplasie chez le chien :

La dysplasie de la hanche est un trouble héréditaire du développement de l'articulation de la hanche suite auquel la tête fémorale ne s'emboîte plus bien dans sa cavité. À terme, cela entraîne de l'arthrose. En Belgique, selon les estimations, la dysplasie de la hanche survient chez 1 chien sur 5 et on la rencontre le plus souvent chez les grandes races comme le Berger allemand, le Golden retriever, le Labrador retriever, le Terre-neuve et le Bullmastiff. Lisez la suite et découvrez comment reconnaître une dysplasie de la hanche chez votre chien ou chiot.


Apparition de la dysplasie de la hanche

Les chiens présentant une dysplasie de la hanche naissent avec des hanches normales. Au sein du monde médical, la cause précise de la dysplasie de la hanche fait toujours l'objet de débats. Elle apparaît au cours des 6 premiers mois de la vie de l'animal, au moment où le chiot est en pleine croissance1. Une prédisposition héréditaire est à l'origine de l'apparition de cette affection, ce qui ne signifie toutefois pas que le chien développera avec certitude une dysplasie de la hanche. Il existe en effet différents facteurs environnementaux qui jouent également un rôle dans l'apparition et dans la gravité de l'affection1,3. Deux facteurs environnementaux importants sont l'alimentation et l'activité physique.


Alimentation

Une alimentation adaptée aux chiots est essentielle durant la croissance. Respectez toujours le schéma alimentaire. Une suralimentation et une prise de poids trop rapide sont des facteurs de risque favorisant l'apparition d'une dysplasie de la hanche3. Ne donnez jamais de suppléments de calcium à votre animal sans l'autorisation du vétérinaire1.


Activité physique

Une activité physique suffisante et contrôlée est importante. Laissez votre chiot bouger suffisamment afin qu'il puisse développer ses muscles, mais n'exagérez pas et soyez prudent lors de mouvements explosifs.


Reconnaître une dysplasie de la hanche

Un diagnostic de dysplasie de la hanche est souvent posé à l'aide du signalement du chien, de ses antécédents et de ses symptômes cliniques. Les grandes races de chiens, dont la croissance est rapide, sont souvent davantage sensibles à l'apparition d'une dysplasie de la hanche. En Belgique, la dysplasie de la hanche apparaît le plus souvent chez le Bullmastiff, le grand Münsterländer et l'American Staffordshire Terrier. Des races populaires comme le Berger allemand, le Golden retriever, le Labrador retriever, le Terre-Neuve et le Setter irlandais sont elles aussi souvent affectées.

Les premiers symptômes cliniques sont souvent constatés au cours de la première année. Leur apparition peut être très soudaine ou plutôt progressive.

Les symptômes suivants peuvent indiquer la présence d'une dysplasie de la hanche4 :

- Difficultés au lever
- Difficultés à monter un escalier
- Refus de jouer / d'aller promener
- Boiterie
- Un déclic audible retentit lors de la marche
- Fonte musculaire
- Démarche anormale : sauts de lapin, l'arrière-train se dandine exagérément, démarche avec le dos arrondi, ...
- Position anormale des pattes arrière (trop écartées ou trop rapprochées)

Si vous reconnaissez certains de ces symptômes chez votre chiot ou votre chien, n'hésitez pas à contacter votre vétérinaire. Ce dernier peut réaliser différents tests afin de confirmer le diagnostic de dysplasie de la hanche.

Examen clinique pour diagnostiquer une boiterie

- Palpation des hanches

- Test de subluxation

Ce test vérifie s'il est possible de disloquer la hanche. Lorsque la tête fémorale s'emboîte à nouveau dans sa cavité, un déclic est audible/perceptible. C'est un bon indicateur d'une dysplasie de la hanche. Si la hanche ne présente pas d'anomalie, il ne sera pas possible de la disloquer, car la tête fémorale s'emboîte parfaitement dans la cavité.

- Radiographie


Les grades vont de A à E et sont basés sur 5 paramètres 

- l'aspect des têtes fémorales gauche et droite. 
- l'aspect des acétabulums. 
- le rapport entre la tête fémorale et l'acétabulum (couverture, etc...). 
- la présence ou non d'arthrose. 
- l'angle de Norberg-Olsson (a) qui est établi de la manière suivante : 

* déterminer le centre de chaque tête fémorale à l'aide d'un coxomètre ou d'un transparant avec des cercles concentriques. 
* tracer une doite qui joint ces deux centres. 
* tracer une droite joignant chacun de ces centres avec le bord crânial de l'acétabulum correspondant.



La dysplasie de la hanche est une affection sévère qui survient encore fréquemment malgré un dépistage génétique des parents. Une alimentation adaptée pour votre chiot et une activité physique contrôlée peuvent aider à réduire le risque de dysplasie de la hanche. Si vous constatez certains symptômes chez votre chiot ou votre chien, contactez votre vétérinaire.


Références

- Hazewinkel H, Mott J. Main nutritional imbalances implicated in osteoarticular diseases. In: Canine Clinical Nutrition. ; 2006:362-365.

- Coopman F, Verhoeven G, Saunders J, Duchateau L, Van Bree H. Prevalence of hip dysplasia, elbow dysplasia and humeral head osteochondrosis in dog breeds in Belgium. Vet Rec. 2008;163:654-658. 

- King MD. Etiopathogenesis of Canine Hip Dysplasia, Prevalence, and Genetics. Vet Clin NA Small Anim Pract. 2017;47:753-767. doi:10.1016/j.cvsm.2017.03.001.

- Syrcle J. Hip Dysplasia Clinical Signs and Physical Examination Findings. Vet Clin Small Anim. 2017;47:769-775. 

- Harper TAM. Conservative Management of Hip Dysplasia. Vet Clin Small Anim. 2017;47:807-821. .


Le gêne du MDR1 (Multi-Drug Resistance) :


Appelé aussi sensibilité médicamenteuse MDR, qu'est ce que c'est ?

L’administration de certains médicaments, même à dose normale, conduit à une neurotoxicité chez les chiens présentant une sensibilité médicamenteuse d’origine génétique.
En effet, lorsque le gêne MDR1 (MultiDrug Resistance) est muté, la protéine correspondante (MDR1-PGP), dont la fonction est d’expulser les molécules toxiques hors du système nerveux central, est inactive. Elle ne peut alors pas remplir sa fonction de neuroprotecteur.

La mutation du gène MDR1 associée à la sensibilité médicamenteuse a été découverte en 2001 par l’équipe de Katrina Mealey de l’Université de l’Etat de Washington [1]. La mutation du gène MDR1 correspond à une délétion de 4 nucléotides dans l’exon 4 (c.295_298del) [2]. Le gène MDR1 code une glycoprotéine-P présente notamment au niveau des cellules endothéliales des  capillaires du cerveau qui participent à la barrière hémato-encephalique. Cette glycoprotéine-P est un transporteur transmembranaire qui pompe les molécules toxiques dans les tissus nerveux pour les rejeter dans la circulation sanguine. La mutation du gène MDR1 engendre un codon stop : la glycoprotéine-P est tronquée, elle n’est pas fonctionnelle et n’est plus capable de refouler les molécules médicamenteuses en dehors du cerveau. L’accumulation de molécules  toxiques dans le cerveau conduit à une intoxication neurologique.

[1] Mealey KL, Bentjen SA, Gay JM, Cantor GH (2001) Ivermectin sensitivity in collies is associated with a deletion mutation of the mdr1 gene. Pharmacogenetics. 2001 Nov;11(8):727-33.

[2] Mealey KL, Meurs K  (2008) Breed distribution of the ABCB1-1Delta (multidrug sensitivity) polymorphism among dogs undergoing ABCB1 genotyping. J Am Vet Med Assoc. 2008 Sep 15;233(6):921-4

Sensibilité médicamenteuse MDR1 pourquoi dépister ?

Préconisez un dépistage de la sensibilité médicamenteuse à l’aide d’un test MDR1 pour toutes les races concernées.

Un dépistage préventif
Adaptez votre prescription avec un traitement alternatif, sans danger pour la santé de l’animal.
Indiquez sur le carnet de santé de l’animal son statut génétique vis à vis de la sensibilité médicamenteuse
Informez vos clients sur les risques encourus par leur chien et la conduite à tenir en cas d’intoxication, en particulier pour les chiens évoluant dans un environnement où ces molécules sont utilisées fréquemment (crottin de cheval, seringues)

Confirmez un diagnostic
Un chien présente des symptômes d’intoxication neurologique, vous confirmez le diagnostic avec un test MDR1 et signalez le cas au dispositif de pharmacovigilance vétérinaire.

Conseil à la reproduction
Vous conseillez vos éleveurs de dépister leurs reproducteurs afin d'adapter les accouplements et éviter de faire naître des chiots homozygotes mutés. Pour éviter de dégrader la diversité génétique au sein des races, les chiens hétérozygotes ne doivent pas être exclus de la reproduction


La myélopathie dégénérative :

Article bientôt disponible